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Christianisée par Saint Hilaire et Saint Lienne au IVe siècle, bâtie sur un site défensif  au Moyen Age, La Roche-sur-Yon connaît toutes les vicissitudes de l’histoire de France…

 

 

De la seigneurie à la principauté

 

Au XIe siècle, La Roche-sur-Yon est le siège d’un pouvoir local et organisé autour d’un château, d’une église et d’un prieuré. Elle est, pour des raisons stratégiques, convoitée par les seigneurs les plus proches. Elle revient finalement au XIIIe siècle à la couronne de France qui lui accorde le titre de « ville ».

Durant une partie de la guerre de Cent Ans, La Roche-sur-Yon passe sous l’autorité des Anglais avant d’entrer définitivement dans le royaume de France par le biais d’une principauté, conférée, à la fin du XVe siècle par Louis XI aux Bourbon-Montpensier. C’est alors une place forte estimée mais dont les maîtres n’en assurent pas le développement économique.

 

Richelieu, au  XVIIe siècle pour mettre au pas les Protestants et les seigneurs locaux ordonne le démantèlement de la forteresse. Celle-ci reste la propriété des Bourbon-Montpensier, vivants à la cour où ils dépensent les revenus de la principauté.

La Roche-sur-Yon perd progressivement ses fonctions d’autorité, s’appauvrit et sa population se développe peu jusqu’à la Révolution. Elle est victime des guerres de Vendée dont elle sort exsangue. Un peu plus de 500 habitants la peuplent quand Napoléon décide de pacifier le département.

 

La ville impériale

 

De 1799 à 1804, le Premier Consul Bonaparte met en place un régime centralisé et pacifie le pays. Le département de la Vendée est le plus chamboulé.

 

Pour le sortir de son isolement, un décret impérial daté du 25 mai 1804 décide le transfert de la préfecture de Fontenay-le-Comte à La Roche-sur-Yon, au centre du département. Une ville nouvelle doit être construite pour 15000 habitants. Tout est décidé depuis Paris par les ingénieurs des Ponts et Chaussées. Le nouveau chef-lieu devra être le principal nœud de communication d’un département à « civiliser ». La ville sera édifiée « comme en Amérique ». Les fonctions administratives financières, militaires, éducatives, religieuses ainsi que le réseau routier sont à la charge de l’Etat et de la commune. Le développement économique doit être relayé par une bourgeoisie, qui fera finalement défaut.

 

L’Empereur intervient dans l’organisation de la ville : un plan en damier s’inscrivant dans un pentagone autour d’une immense place centrale (200 x 140 mètres) entourée d’arbres. Quatre artères de 16 mètres de large orientées vers les points cardinaux atteignent les boulevards délimitant le pentagone. Ces derniers sont bordés de platanes et les places secondaires, également arborées, galvanisent les poumons de la cité. Un règlement d’urbanisme prévoit la construction des bâtiments publics autour de la place centrale, leur hauteur, leur style et exige la symétrie des éléments.

 

La ville porte le nom de Napoléon.  Ce dernier, absorbé par la gestion de l’Empire et par des campagnes militaires n’affecte pas les moyens financiers nécessaires à l’achèvement des édifices publics et des routes, à l’exception des 6 millions de francs décidés lors de son unique séjour en 1808.

 

Un développement par étapes

 

Au XIXe siècle, les difficultés financières de la municipalité expliquent le long développement de La Roche-sur-Yon. 30 ans sont nécessaires pour achever les édifices décidés sous le premier empire (église Saint-Louis, théâtre…) et il faut attendre la fin du second empire pour que la ville s’étende au-delà du pentagone, autour du nouveau quartier de la gare.

 

Au niveau politique, la principale ville de Vendée subit l’influence d’une petite bourgeoisie de fonctionnaires. Plus républicaine et plus laïque, elle est en décalage avec le reste du département.

 

Son nom de Napoléon évolue avec les différents régimes qui suivent sa création : Bourbon-Vendée pendant La Restauration, La Roche-sur-Yon durant la seconde république, Napoléon-Vendée sous le second empire et enfin La Roche-sur-Yon au retour de la République en 1870.

 

La ville doit attendre la seconde partie du XXe siècle pour devenir une ville moyenne de près de 55000 habitants par la convergence de deux phénomènes. La mécanisation de l’agriculture et l’exode rural qu’elle produit d’une part et d’autre part le développement du transport routier permet l’implantation d’industries aidées en cela à l’aménagement du territoire confié à la DATAR.

 

 

 

La Roche-sur-Yon est aujourd’hui au cœur d’une communauté d’agglomération de plus de 80000 habitants qui s’applique à harmoniser la vie des urbains et des périurbains.

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